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Exercice corrigé sur le mouvement balistique

dimanche 16 novembre 2008, par Xavier Ducros
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La simulation ci-dessous simule le tir d’un projectile, avec ou sans frottement. Réglez les différents paramètres, et essayez d’atteindre la cible en faisant le moins d’essais possibles… ou faites l’exercice qui suit, vous aurez ainsi directement les bonnes formules !

La première partie de l’exercice concerne le cas sans frottement, et peut être traité en terminale S. La seconde traite le cas avec frottement fluide proportionnel à la vitesse [1], et est plutôt du niveau prépa, mais reste compréhensible par un bon élève de terminale S. Nous vous proposons également un problème sur la chute libre.


Cliquez sur le bouton "Aide" pour plus d’explications sur ses différentes fonctions (parabole de sûreté, tirs en cloche ou tendu, frottement fluide etc.).

Enoncé

Les différents résultats établis dans cet exercice peuvent se vérifier sur la simulation précédente.

On lance, depuis un point O (choisi comme origine) situé sur le sol, avec une vitesse initiale \overrightarrow{v}_0 faisant l’angle \alpha avec l’horizontale, un point M de masse m dans le champ de pesanteur terrestre \overrightarrow{g} = - g \overrightarrow{u}_z. On choisit l’axe Ox dans le sens du mouvement, et l’axe Oz vertical ascendant. Le référentiel terrestre est supposé galiléen.

  • On néglige les frottements avec l’air.
    - Déterminer l’équation de la trajectoire.
    - Calculer la portée du tir. Pour quelle valeur de \alpha cette portée est-elle maximale, si la norme v_0 de \overrightarrow{v}_0 est fixée ?
    - On considère une cible, sur le sol, située à une distance D de O. Quelle est la vitesse initiale v_0 minimale qui permet de l’atteindre ? Montrer que pour une vitesse initiale v_0 qui vérifie la relation précédente, il y a deux angles de tir possibles (tir tendu ou en cloche).
    - Montrer que, pour v_0 fixée, la trajectoire reste toujours en dessous d’une courbe, appelée parabole de sûreté, dont on déterminera l’équation.
  • On prend en compte maintenant une force de frottement fluide due à l’air, supposée de la forme \overrightarrow{f} = - m k \overrightarrow{v}, avec k le coefficient de frottement, constante positive.
    - Quelle est la dimension de k ?
    - Calculer les composantes horizontale et verticale de la vitesse en fonction du temps.
    - En déduire les composantes de la position du mobile en fonction du temps.
    - Déterminer la vitesse limite atteinte ; en déduire une nouvelle expression de la portée maximale du tir.

Corrigé

Les différents résultats établis peuvent se vérifier sur la simulation présente au début de l’article.

  • Cas sans frottement
    - L’application du principe fondamental de la dynamique à M, dans le référentiel terrestre, s’écrit \overrightarrow{a}=\overrightarrow{g}. Cette relation s’intègre pour donner la vitesse \overrightarrow{v}=\overrightarrow{g}t+\overrightarrow{v}_0. Une nouvelle intégration permet d’obtenir le vecteur position \overrightarrow{OM}=\frac{1}{2}\overrightarrow{g}t^2+\overrightarrow{v}_0 t, puisque le mobile est lancé depuis l’origine du repère. Le mouvement est donc dans le plan formé par \overrightarrow{g} et la vitesse intiale. La projection de la relation précédente sur Ox donne x(t)=v_0 \cos \alpha, et sur z, on obtient z(t)=-\frac{1}{2}gt^2+v_0 t \sin \alpha. L’expression de x(t) permet d’éliminer t pour obtenir finalement

    z(t)=-\frac{1}{2}g\frac{x^2}{v_0^2\cos^2\alpha}+x \tan \alpha

    La trajectoire est parabolique.
    - La portée z_p du tir correspond à z=0, pour x\neq 0. Il suffit donc de résoudre z(t)=0, avec x\neq 0. On obtient facilement, en utilisant que \sin(2\alpha)=2\cos\alpha\sin\alpha

    z_p=\frac{v_0^2 \sin 2\alpha}{g}

    Pour v_0 fixée, la portée est maximale pour \sin 2\alpha=1, c’est-à-dire pour \alpha=\pi/4.
    - S’il est possible d’atteindre le point en question, alors D vérifie D=\frac{v_0^2 \sin 2\alpha}{g}, donc \sin 2 \alpha=\frac{gD}{v_0^2}. Cette équation possède une solution pour \sin 2\alpha\leq 1, donc pour v_0 \geq \sqrt{gD}. Dans ce cas, les angles qui permettent d’atteindre la cible sont

    \alpha=\frac{1}{2}\arcsin \frac{gD}{v_0^2}

    \alpha=\frac{\pi}{2}-\frac{1}{2}\arcsin \frac{gD}{v_0^2}


    - A v_0 fixée, les points que l’on peut atteindre vérifient l’équation de la parabole z(t)=-\frac{1}{2}g\frac{x^2}{v_0^2\cos^2\alpha}+x \tan \alpha. En remarquant que 1/\cos^2 \alpha = 1+\tan^2 \alpha, elle s’écrit z=-\frac{1}{2}g\frac{x^2}{v_0^2}-\frac{1}{2}g\frac{x^2}{v_0^2}\tan^2 \alpha+x \tan \alpha. Pour pouvoir atteindre un point de coordonnées (x,z), il faut que l’équation précédente admette une solution réelle. Or, c’est une équation du second degré en \tan \alpha, par conséquent, pour que des solutions réelles existent, son discriminant \Delta doit être positif ou nul. Après calculs, on obtient

    z\leq \frac{v_0^2}{2g}-\frac{gx^2}{2v_0^2}

    L’égalité précédente doit être satisfaite pour que le point (x,z) puisse être atteint : toutes les trajectoires sont donc situées sous la parabole d’équation z=\frac{v_0^2}{2g}-\frac{gx^2}{2v_0^2}, appelée parabole de sûreté.
    - 
    - k est homogène à une force, divisée par une masse et une vitesse, ce qui donne l’inverse d’un temps.
    - Le principe fondamental de la dynamique appliqué au projectile s’écrit m\frac{d\overrightarrow{v}}{dt}=m\overrightarrow{g}-km\overrightarrow{v}. En simplifiant par m, on obtient en projection sur l’axe Ox \frac{dv_x}{dt}=-kv_x, et sur l’axe Oz \frac{dv_z}{dt}=-kv_z-g. La projection sur Oy donne de manière évidente que le mouvement est plan dans xOz. Les solutions de la première équation sont de la forme (équation différentielle du premier ordre en v_x(t)) A\exp(-kt), or v_x(0)=v_0\cos\alpha, donc

    v_x(t)=v_0\cos\alpha\exp(-kt)

    La seconde s’intègre de la même manière (en ajoutant une solution particulière constante égale à -g/k

    v_z(t)=-\frac{g}{k}+\left(v_0\sin\alpha + \frac{g}{k}\right)\exp(-kt)


    - Pour obtenir la position, il suffit d’intégrer par rapport au temps les deux équations précédentes (avec x(0)=z(0)=0) :

    x(t)=\frac{v_0\cos\alpha}{k}\left(1-\exp(-kt)\right)

    z(t)=-\frac{gt}{k}+\frac{v_0\sin\alpha+g/k}{k}\left(1-\exp(-kt)\right)


    - Lorsque t tend vers l’infini (c’est-à-dire qu’il est grand devant 1/k), on obtient que v_x tend vers zéro, et v_z vers -g/k. Le projectile atteint donc la vitesse limite -g/k \overrightarrow{u}_z : le mouvement limite correspond à une chute verticale de vitesse constante, donc la portée maximale est la limite de x(t) lorsque t tend vers l’infini : x_{max}=\frac{v_0\cos\alpha}{k}. Remarquons qu’en général, cette asymptote n’est pas atteinte car le sol interrompt la trajectoire pour z=0.

Notes

[1] bien qu’en pratique, le nombre de Reynolds étant grand devant un, la force soit plutôt quadratique

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